À mesure que le football marocain gagne en visibilité mondiale, les erreurs et polémiques arbitrales deviennent un vrai sujet d’image et de crédibilité
Dysfonctionnements : Chaque journée ou presque produit désormais sa séquence virale : clubs furieux, dirigeants qui explosent, entraîneurs suspendus, communiqués incendiaires, supporters persuadés d’être victimes d’injustices permanentes. Et pendant ce temps, l’image du championnat continue de se détériorer silencieusement.
Depuis octobre 2023, lorsque le Souverain avait annoncé aux Marocains l’attribution de la Coupe du monde 2030 au trio Maroc-Espagne-Portugal, puis après l’officialisation définitive en décembre 2024, le Maroc est entré dans une autre phase. Une phase d’accélération. De mise à niveau aussi.
Partout ou presque, les projets se sont mis en mouvement. Routes, infrastructures, transport, équipements sportifs, aménagements urbains, hôtels, espaces publics… Le pays tourne progressivement en mode préparation mondiale. Et pas uniquement dans les villes directement concernées par les matchs. Presque toutes les régions sont aujourd’hui touchées par cette dynamique. Parce qu’au fond, personne n’imagine sérieusement que les millions de visiteurs qui débarqueront au Maroc en 2030 resteront enfermés entre un stade, un hôtel et un aéroport. Beaucoup seront des touristes mobiles, curieux, qui traverseront plusieurs villes et parfois plusieurs régions du Royaume.
Forcément, depuis cette annonce, le Maroc vit aussi sous une lumière beaucoup plus forte. Ses avancées sont observées. Ses retards aussi. Tout est scruté : l’état des infrastructures, la mobilité, l’organisation, la capacité logistique, la qualité de l’accueil… mais pas seulement.
Parce qu’il s’agit avant tout d’une Coupe du monde de football, le regard se pose également sur le football national lui-même.
Quand une sélection nationale pointe dans le Top 10 mondial, quand elle dépasse des nations historiques comme l’Allemagne, l’Italie ou l’Uruguay, quand elle s’apprête à accueillir une Coupe du monde, le regard porté sur son championnat local n’est plus le même. Tout remonte à la surface. Absolument tout.
Y compris – et peut-être surtout – l’arbitrage.
Or depuis des mois, le spectacle offert chaque week-end en Botola devient parfois difficilement défendable. Polémiques répétitives, erreurs grossières, décisions incompréhensibles, incohérences d’un match à l’autre, usage confus de la VAR… Le problème n’est même plus l’existence d’erreurs. L’erreur fait partie du football. Le vrai problème est leur accumulation chronique et surtout l’impression de flottement permanent qui finit par s’installer autour du corps arbitral.
À certains moments, on a même le sentiment que l’arbitrage devient lui-même le principal acteur du championnat.
Chaque journée ou presque produit désormais sa séquence virale : clubs furieux, dirigeants qui explosent, entraîneurs suspendus, communiqués incendiaires, supporters persuadés d’être victimes d’injustices permanentes. Et pendant ce temps, l’image du championnat continue de se détériorer silencieusement.
Le plus inquiétant est probablement ailleurs.
Car avec la visibilité actuelle du Maroc sur la scène footballistique mondiale, ces dysfonctionnements ne restent plus confinés au débat local entre supporters. Ils circulent. Ils se voient. Ils alimentent aussi une perception extérieure du niveau réel d’organisation de notre football.
Et il faut avoir le courage de le dire : le décalage devient parfois gênant entre l’image d’un Maroc candidat à l’excellence footballistique mondiale et certaines scènes produites chaque week-end dans le championnat national.
Certes, les instances réagissent. Les sanctions contre certains arbitres se multiplient. Des commissions travaillent. Des évaluations sont faites. Mais au bout d’un moment, la succession des sanctions finit presque par devenir un aveu involontaire d’échec structurel.
Parce qu’un arbitrage qui dysfonctionne ponctuellement peut se corriger. Un arbitrage qui devient systématiquement contesté commence à poser un problème beaucoup plus profond : formation, gouvernance, pression, niveau technique, gestion de la VAR, désignation des arbitres… probablement un peu de tout à la fois.
Le football marocain est entré dans une nouvelle dimension. Son arbitrage, lui, donne parfois encore l’impression d’évoluer dans l’ancienne. Une flagrante position de hors-jeu que personne ne veut encore siffler…









