Amertume
Le Maroc n’est pas parvenu à garder le trophée à domicile face au Sénégal. Le match a été marqué par une fin du temps réglementaire chaotique, marquée par un pénalty vivement contesté par l’adversaire que Brahim Diaz a cruellement manqué en tentant une panenka face au gardien Édouard Mendy.
Le fil s’obstinait à pénétrer le chas de l’aiguille pour broder la deuxième étoile tant attendue qui aurait floqué le maillot marocain au grand dam de millions de supporters dont la plupart ne semblent pas encore remis et réveillés de ce cauchemar qui avait pourtant commencé comme un conte de fées.
Tout était prédestiné pour que la 35ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations, soit la plus mémorable, la plus prolifique et surtout celle qui couronnera les efforts entrepris depuis ces dernières années.
Pour y arriver, un match seulement séparait le public marocain de cette coupe devenue au fil des années un fantasme inassouvi. Un match pour rendre fier un peuple mais aussi des générations qui n’étaient pas encore nées lors du premier et unique sacre continental en 1976. Un match qui allait représenter un trait d’union entre la gloire du passé et l’ambition du futur.
Finalement la victoire est revenue au plus rusé et non au plus loyal avec un Sénégal qui s’est imposé dimanche sur la plus petite marge au stade Prince Moulay Abdellah. Pour cette affiche de gala entre deux sélections qui ne s’étaient jamais affrontées en phase finale de la CAN, Walid Regragui a reconduit le même Onze de départ. En revanche, Pape Thiaw a procédé à quelques changements afin de pallier les absences de Kalidou Koulibaly, Habib Diarra et Krépin Diatta, forfait à la dernière minute.
Après cinq minutes d’observation, la première grosse occasion est à mettre à l’actif du Sénégal. Sur un corner frappé depuis le côté gauche, le ballon arrive au second poteau où Pape Gueye tente de conclure de la tête à bout portant, mais se heurte au mur Yassine Bounou.
Deux minutes plus tard, Ezzalzouli déborde sur l’aile et adresse un centre fuyant dans la surface adverse. Le ballon n’est pas repris et le danger est finalement repoussé par la défense sénégalaise.
Par la suite, les deux équipes ont temporisé, attendant le moment opportun pour piquer, sans pour autant libérer d’espaces. Avec un léger avantage en possession de balle pour le Sénégal (57%) jusqu’à la 25ème minute, la rencontre s’est transformée en une bataille tactique intense au milieu de terrain, les gardiens restant relativement peu sollicités.
À la 38ème minute, le Sénégal, très rapide dans les transitions, passe tout près de l’ouverture du score. Une passe appuyée de Jackson prend à revers le bloc haut marocain et offre à Ndiaye le champ libre pour défier Bounou dans la surface. L’ancien portier du Séville détourne magnifiquement, du bout du pied droit, le tir croisé au sol. Cinq minutes plus tard, Ezzalzouli dépose un superbe centre du pied droit dans la surface sénégalaise. Aguerd est tout proche de pouvoir le reprendre de la tête, mais ne parvient pas.
Au retour des vestiaires, les Lions de l’Atlas affichent des intentions plus offensives afin d’inscrire le premier but. Sur un nouveau centre d’Ezzalzouli, consécutif à un service d’El Kaabi, Malick Diouf repousse le danger en concédant un corner.
À la 58ème minute, El Kaabi se crée une occasion en or. Depuis l’aile droite, El Khanouss adresse un superbe centre ras de terre vers l’attaquant marocain, qui devance Mendy de quelques centimètres, mais sa frappe passe finalement juste à côté du cadre.
A la 67ème minute, Neil El Aynaoui s’élève haut dans les airs au duel avec Diouf et se blesse à l’arcade. Le staff médical intervient sur le terrain pour stopper le saignement du milieu de terrain de l’AS Rome qui poursuit le match.
A la 90ème minute du jeu, Ibrahim Ndiye accélère et revient sur son pied gauche grâce à un bon crochet et enchaîne d’un tir mais Bounou est vigilant et repousse le danger.
Au temps additionnel de la rencontre, le Maroc a obtenu un pénalty. Sifflé à la 93ème minute, il ne sera exécuté qu’une dizaine de minutes après le refus de la décision arbitrale de la part de la plupart des joueurs et du staff technique avec à leur tête Pape Thiaw censé en principe être le plus sage. Un moment de confusion rarement vu et qui a pesé sur l’ambiance générale. Après que les choses se sont légèrement calmées, Brahim Diaz est désigné pour transformer le penalty. Le jeune attaquant, distrait, semble comme aller à la potence. L’atmosphère lourde et le manque de concentration ont été fatales pour l’attaquant qui loupe cruellement son tir.
Lors des prolongations, les Sénégalais vont enfin parvenir à ouvrir le score par Alassane Guye, auteur d’un tir puissant du pied gauche.
Victoire finale pour le Sénégal qui décroche une seconde étoile de champions d’Afrique sur son maillot. Grande déception pour le Maroc qui termine deuxième de sa CAN après une performance de haute volée tout au long de la compétition. Malgré une façade solide, l’intérieur est un champ de ruine car la pilule reste dure à avaler. Cependant, à quelques mois seulement de la Coupe du monde, l’heure est à la préparation sérieuse, efficace et efficiente.









