Le marché immobilier marocain aborde l’année 2026 dans un climat relativement favorable, soutenu par une amélioration progressive de l’activité économique et par plusieurs mesures publiques destinées à encourager l’accès au logement et l’investissement. Après une phase de prudence observée en 2025, les indicateurs récents laissent entrevoir un début de redressement.
Considéré comme un pilier de l’investissement national et un levier important de l’aménagement du territoire, le secteur avait connu l’an dernier une période d’ajustement marquée par une retenue des ménages et des investisseurs. La hausse du coût du financement et un environnement économique incertain avaient contribué à ralentir certaines décisions d’achat.
Cette phase semble toutefois avoir amorcé un tournant en fin d’année 2025, avec l’apparition de signaux suggérant un changement de dynamique à court terme.
Les dernières données du bulletin conjoint de Bank Al-Maghrib et de l’Agence nationale de la conservation foncière du cadastre et de la cartographie (ANCFCC) confirment cette tendance. L’indice des prix des actifs immobiliers (IPAI) a ainsi progressé de 0,6% sur l’ensemble de l’année 2025.
Cette évolution s’explique par une hausse de 0,8% des prix des biens résidentiels, de 0,4% pour les terrains et de 0,3% pour les biens à usage professionnel.
Dans le même temps, les transactions immobilières ont enregistré une progression de 3,1%. Cette dynamique a été portée principalement par les ventes de terrains (+7,5%) et de biens à usage professionnel (+7,4%), tandis que le segment résidentiel a connu une hausse plus modérée de 1,3%.
Interrogé par la MAP, le président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI), Taoufik Kamil, estime que l’année 2026 devrait s’inscrire dans une trajectoire de stabilité relative. Selon lui, le marché ne devrait connaître « ni flambée des prix ni correction brutale », mais plutôt une évolution modérée comprise entre 2% et 5% à l’échelle nationale.
Cette orientation reflète, d’après lui, une transformation progressive du marché immobilier marocain, désormais davantage ancré dans les coûts réels de production que dans des logiques spéculatives.
Dans les principales métropoles du pays, notamment Casablanca et Rabat, les niveaux de prix restent globalement en phase avec le pouvoir d’achat solvable des ménages. Les appartements neufs de bon standing se situent aujourd’hui entre 18.500 et 26.000 dirhams le mètre carré à Casablanca, et entre 20.000 et 29.000 dirhams le mètre carré à Rabat.
La demande demeure structurellement soutenue, alimentée par la croissance démographique, l’urbanisation continue et les programmes publics d’aide au logement. Les recherches des acquéreurs évoluent toutefois vers des surfaces plus compactes : plus de la moitié des demandes concernent désormais des logements de moins de 80 mètres carrés, signe d’une adaptation progressive du marché aux capacités financières des ménages.
Dans ce contexte, le marché tend à se segmenter davantage. Le logement moyen et accessible constitue aujourd’hui le cœur de la demande réelle. Les petites surfaces conservent leur attractivité dans les grandes villes, tandis que les biens de standing et les villas continuent de trouver leur public dans certaines zones résidentielles et destinations touristiques.
Du côté du financement, les taux de crédit immobilier se situent en ce début d’année 2026 autour de 5% à 5,2%, dans un contexte marqué par la prudence de la politique monétaire de Bank Al-Maghrib. Selon Taoufik Kamil, une variation d’un point de taux peut réduire jusqu’à 10% le pouvoir d’achat immobilier d’un ménage, ce qui explique l’importance de la stabilité actuelle, malgré une sélectivité accrue des banques dans l’octroi des crédits.
Dans ces conditions, le segment résidentiel devrait rester le principal moteur du marché en 2026, en particulier le logement économique et le moyen standing dans les grandes agglomérations et leurs périphéries en développement.
Parallèlement, l’immobilier touristique pourrait bénéficier d’une dynamique favorable, notamment à Marrakech et à Agadir, stimulée par la reprise du secteur touristique et par les investissements liés à l’organisation de la Coupe du monde 2030.
Au-delà des dynamiques de marché, les politiques publiques, les incitations fiscales et les grands projets d’infrastructures jouent désormais un rôle structurant dans l’évolution du secteur. Pour la FNPI, la consolidation de cette dynamique passera par une stabilité réglementaire accrue et par une simplification des procédures administratives, afin de renforcer la confiance des investisseurs et de transformer les intentions d’achat en projets concrets.









