Revanche
Vingt-quatre ans après le traumatisme de Séoul en 2002, l’équipe de France a magistralement chassé ses vieux fantômes en s’imposant par 3 buts à 1 face au Sénégal, mardi 16 juin au MetLife Stadium, pour son entrée en lice dans le Groupe I de la Coupe du monde 2026.
Dans une ambiance incandescente d’un stade de New York/New Jersey acquis à la cause des deux nations, la première période a longtemps ressemblé à un bras de fer tactique étouffant. Solidement organisés et tranchants sur les transitions, les Lions de la Teranga ont un temps fait flotter le parfum d’un nouvel exploit, bloquant toutes les lignes de passe françaises et s’offrant les meilleures situations avant la pause. Mais au retour des vestiaires, le sélectionneur français a su réajuster ses pions. Plus hauts, plus agressifs, les Bleus ont progressivement asphyxié le milieu de terrain sénégalais.
Mais avant de faire focus sur ce match, un retour en arrière s’impose. A l’issue des matches de préparation contre la Côte d’Ivoire (défaite 2-1) et l’Irlande du Nord (3-1) au cours desquels Kylian Mbappé était resté muet, Didier Deschamps avait déclaré avec malice que son capitaine lui avait promis de se réserver pour la Coupe du monde. Et ce dernier a tenu sa promesse.
L’attaquant du Real a en effet frappé deux fois mardi, écrivant un peu plus sa légende avec le record de buts en bleu (58). Preuve de sa place singulière dans les annales du football tricolore et des liens particuliers qui l’unissent à une épreuve qui a fait de lui une star planétaire.
Après sa saison frustrante sans trophée à Madrid, Mbappé a tout misé sur le Mondial. Il se savait épié et n’a pas flanché même s’il lui a fallu beaucoup d’occasions avant de tromper deux fois le gardien sénégalais Edouard Mendy.
«On sait pourquoi on est là, je sais pourquoi je suis là, pour aider l’équipe, pour essayer d’écrire la grande page de l’histoire de l’équipe de France avec mes coéquipiers. On sait que le chemin sera très long, mais on est prêts», a-t-il déclaré.
Le voilà lancé dans ce Mondial qu’il est bien décidé à marquer de son empreinte. Avec 14 réalisations en trois éditions, il a maintenant dans le viseur le record de buts en phase finale, désormais co-détenu par Miroslav Klose et Lionel Messi (16). Son duel à distance avec l’astre argentin s’annonce palpitant.
Aussi, l’arrivée de Michael Olise a radicalement modifié le visage de l’équipe. C’est bel et bien pour profiter de ses qualités exceptionnelles que Deschamps a pris un virage tactique en mars 2025, optant pour un schéma plus offensif en 4-2-3-1. Le joueur du Bayern Munich en a offert une nouvelle illustration en étant, par sa technique soyeuse et son sens de la passe, un acteur déterminant du succès des Bleus.
Emprunté comme le reste de ses coéquipiers en première période, il s’est lâché après la pause à la faveur d’un repositionnement bienvenu dans l’axe, offrant une magnifique passe décisive à Mbappé pour l’ouverture du score.
«Jouer avec Michael, c’est très facile. C’est un joueur qui a toujours la tête levée. Il faut lui proposer des solutions. Il a toujours cette envie de jouer vers l’avant, de servir ses partenaires. Je savais qu’il allait me voir à chaque fois que j’allais faire des mouvements», a salué le capitaine.
Au cours d’une première période très compliquée pour les Français, l’axe de la défense, composé du duo Dayot Upamecano-William Saliba, a été d’une solidité implacable. Il faudra des attaquants d’une autre envergure pour la juger de nouveau.
Les côtés constituent en revanche les points noirs. Jules Koundé, qui sort d’un exercice très délicat et haché par les blessures au FC Barcelone, a été aux abois à droite, tout comme Théo Hernandez à gauche.
A noter que Bradley Barcola, qui avait remplacé un décevant Ousmane Dembélé, a également participé à la victoire inaugurale des Français, quelques minutes après son entrée en jeu (82).
A voir si Deschamps va leur maintenir sa confiance ou s’il est prêt à les remplacer pour tester d’autres solutions dès le match face à l’Irak, lundi.









