Le crédit immobilier amorce un mouvement de détente. En février 2026, le taux annuel effectif global moyen s’établit à 5,50 pour cent, en recul de 17 points de base sur un an. Le marché retrouve ainsi un niveau proche de celui observé en 2023, selon les données publiées par la plateforme afdal.ma, qui agrège plus de 4 000 offres issues de 12 partenaires bancaires et s’appuie sur plus de 1,2 million de simulations réalisées depuis 2019.
La baisse s’explique par une concurrence plus marquée entre établissements et par un environnement favorable au financement de l’habitat. Sur les 339 offres analysées en février, le taux nominal hors taxes ressort à 4,63 pour cent en moyenne, tandis que l’assurance décès invalidité se maintient à 0,40 pour cent.
Les écarts demeurent sensibles selon le profil de l’emprunteur. Le taux moyen varie de 5,15 pour cent pour les retraités à 5,68 pour cent pour les chefs d’entreprise, soit 53 points de base d’écart. Dans le détail, un salarié du secteur public peut accéder à un taux de 4,86 pour cent, alors qu’un chef d’entreprise obtient au mieux 5,15 pour cent. L’assurance joue un rôle déterminant. Certains établissements proposent des niveaux proches de 0,19 pour cent pour les salariés du privé, bien en dessous de la moyenne du marché.
Les fonctionnaires apparaissent comme les principaux bénéficiaires de cette détente. Leur taux moyen s’établit à 5,18 pour cent, soit 32 points de base de moins que celui des salariés du privé. En un mois, leur taux a reculé de 13,6 points de base, la baisse la plus marquée enregistrée depuis un an. Sur un crédit de 800 000 dirhams sur 25 ans, l’écart avec le privé représente environ 18 000 dirhams d’économie.
Les données révèlent également une évolution marquante du profil des emprunteurs. Les femmes qui simulent un crédit immobilier empruntent en moyenne 773 000 dirhams, contre 732 000 dirhams pour les hommes. Leur salaire moyen ressort à 17 048 dirhams, supérieur à celui des hommes qui s’élève à 14 829 dirhams. Elles représentent 33 pour cent des emprunteurs recensés par la plateforme.
Le portrait type fait ressortir une forte présence des trentenaires. Près de 47,3 pour cent des emprunteurs ont entre 30 et 39 ans. La durée de 25 ans reste privilégiée par plus de 72 pour cent des clients. Les commerçants sollicitent les montants les plus élevés, autour de 3,1 millions de dirhams en moyenne, avec un taux d’endettement supérieur aux autres catégories. Les auto entrepreneurs émergent également avec un crédit moyen dépassant le million de dirhams.
Le classement des banques partenaires met en évidence des différences significatives. L’établissement le mieux positionné affiche un taux global de 4,84 pour cent avec une assurance à 0,17 pour cent. À l’opposé, une autre banque atteint 5,55 pour cent. Sur un crédit de 800 000 dirhams sur 25 ans, l’écart peut dépasser 30 000 dirhams. La seule banque participative référencée présente un taux de 6,50 pour cent sur ses opérations de type Mourabaha.
L’assurance décès invalidité constitue un poste souvent sous estimé. Son niveau varie de 0,17 à 0,45 pour cent selon les établissements. Sur un crédit d’un million de dirhams sur 25 ans, cette différence peut représenter un surcoût cumulé supérieur à 84 000 dirhams. En moyenne, elle pèse 16 pour cent du coût total du financement.









